Une belle échappée !

Dimanche 2 septembre, 8h je me réveille la tête embrumée de souvenirs. Et quels souvenirs !

Avec Jorge, Dominique et la team des sangliers, nous avons participé à l’Échappée Belle.

Pour vous situer, ce trail qui comprend 3 formats (144, 85 et 57 kms) parcourt en ligne droite le massif de Belledonne. Le tracé lui n’est pas très droit ! Technique à souhait, il relie ainsi Vizille à Aiguebelle.

Dominique, finisher du 85 en 2017, nous avait raconté son exploit avec tant de ferveur, qu’il était devenu une évidence de tenter l’aventure. Le format 57 kms et 4100 de dénivelé positif se glissait pile poil dans notre préparation et nous offrait l’occasion de découvrir un échantillon de ce terrain de jeu proche du Mordor du seigneur des Anneaux 🙂

Samedi 6h du mat, nous sommes sur le pied de guerre pour rejoindre Aiguebelle et chopper la navette qui nous conduira sur l’aire de départ : Allevard (Isère).

Juste le temps de croiser l’arrivée improbable du second du 144 après 25 heures d’effort, qui nous interpelle en nous demandant où se trouve cette fameuse arrivée ?! Il s’avère qu’il avait devancé les pronostics de l’organisation et les signaleurs par la même occasion.

Nous aussi, nous avons pris les devants car la veille, nous avons amplement profité de la Pasta party et c’est le corps rempli de glucides que nous retrouvons Dom et Gaylord sur la place du village.

9h, l’ambiance est bonne enfant. Et malgré un nombre de participants élevé, plus de 1500 sur l’ensemble, la course a su, grâce à ses 500 chaleureux bénévoles, garder une âme familiale ! Que du bonheur !

Nous partons en queue de peloton, avec l’intention de profiter au max du paysage. Le soleil n’est pas encore au rendez-vous, ce qui a contraint l’organisation à mettre en place des parcours de repli pour assurer une parfaite sécurité. Le parcours des crêtes lui, reste intact. La montée vers Super Collet nous met tout de suite dans le bain : aujourd’hui mon gars tu ne verras rien !

Une épaisse brume va recouvrir toute la journée le parcours, et limitera le plus souvent notre champ de vision à une quarantaine de mètres. Il vente, et le thermomètre descend doucement.

L’avantage c’est que nous ne souffrons pas de la chaleur et vu le peu de visibilité, nous ne voyons jamais la totalité de la grimpette qui nous attend. Du coup, on imagine le sommet arriver sans jamais l’appercevoir et c’est parfois plutôt rassurant que de se dire : ohhhh purée ils nous font monter tout là haut !

Par contre, au sol, je peux vous dire que les cailloux sont bien visibles. Le sol détrempé par la pluie les rend glissant, et le moindre faux pas dans les passages techniques peut s’avérer chargé d’émotion. Jorge en fera une douloureuse expérience, heureusement sans gravité, et chutera dans une descente à flanc de montagne.

Notre trio progresse, avec une joie de vivre constante, entretenue par la team des sangliers que nous retrouvons à chaque ravitaillement avec le sourire. Trop bien ! Soupes, saucissons, fromage, tucs…c’est le ventre bien rempli et avec un surplus d’encouragements que nous quittons ces petites bulles de regain d’énergie !

Les kilomètres défilent doucement, et si les 10 premiers ne présentent pas de difficultés techniques la suite est un peu plus corsée. Cailloux mal rangés, racines qui font glisser, et singles où il est difficile de doubler rendent la course éprouvante.

Parfois, nous croisons des dossards rouge (le notre est violet et ceux du 85 sont verts). Ils avancent avec plus de lenteur et certains ont le visage bien marqué. Tu m’étonnes, deux nuits dehors dans le massif de Belledonne, tu dois perdre deux ans de vie à bas mot !

 

Alors, on double sans oublier de les encourager car la route est encore longue et semée d’embuches et un petit réconfort ça fait pas de mal !

Il me revient à l’esprit la rencontre avec cette coureuse du 144, vidée et très fatiguée assise sous la tente d’un ravitaillement. Jorge tente de la rassurer en lui disant que le plus dur est derrière elle et qu’il faut qu’elle s’accroche. C’est beau. Sauf qu’en sortant de la tente, Jorge passe devant elle pour la saluer, et elle le regarde curieusement l’air de dire : on se connaît ?

Le parcours alterne montées bien cassantes et descentes empierrées, les chemins de crêtes recouverts de brume laissent imaginer un paysage magnifique, mais là il faudra revenir pour le découvrir. Une dernière descente à fond de ballon en sous bois nous conduit jusqu’à Aiguebelle et fait exploser nos estimations prudentes d’avant course : terminer en 12h.

Nous franchissons la ligne d’arrivée en duo, après 10h50 d’effort et reformons notre trio 20 minutes plus tard avec une arrivée épique de Dom et de ses deux filles. Un grand moment d’émotion, que chaque finisher célèbre par le traditionnel sonné de cloche qui marque la fin d’une belle échappée.

Gaylord, nous invite à nous hydrater, nous papotons joyeusement en compagnie de Delphine et Nanou, ainsi qu‘Alexandre, le speaker officiel. Les jambes sont lourdes mais le coeur est léger.

Merci encore aux nombreux bénévoles postés dans le froid mais toujours avec le sourire, et à l’organisation pour avoir su conserver ces valeurs humaines qui font de l’Échappée Belle un rendez vous incontournable pour les amoureux de montagne .

Prochain défi ? Octobre, nous tenterons de nous faire la belle en échappant aux 164 kilomètres et 10000 mètres de dénivelé positif du Grand Raid de la Réunion 🙂

 

 

 

 

 

 

 

 

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